20 mars 2015

Test : Ori and The Blind Forest

Il est parfois agréable de se rappeler dans nos souvenirs lointains, les images de dessins animés qui ont pu marquer notre enfance. Je pense notamment aux œuvres des studios ghibli qui empruntent avec délicatesse une ambiance souvent mélancolique, dans un cadre toujours fabuleux, mettant en avant une nature mystérieuse, mais toujours gracieuse dont on ne se lasse jamais d'admirer avec passion sa grandeur et sa beauté malgré les dangers que cette dernière peut apporter aux différents protagonistes. Aujourd'hui, il arrive régulièrement que des créateurs puissent s'inspirer des différents travaux de Hayao Miyasaki, parfois avec justesse, parfois avec maladresse ce qui n'est pas le cas du jeu que je vais vous parler dans ce test. Développé par le studio Moon et édité par Microsoft, il aura fallu quelques temps et surtout de la patience pour enfin découvrir leur projet qui se fait appeler Ori and The Blind Forest. Derrière ce titre mystérieux se cache un jeu d'aventure en scrolling horizontal et de type "Metroidvania" qui n'a rien à envier aux grandes œuvres de Nintendo. Mais trêve de 'blabla', passons tout de suite aux choses sérieuses.

Délicatement, après un rapide passage sur les logos des deux studios à l'origine du projet, se dévoile un premier tableau d'une rare splendeur mettant en avant une forêt majestueuse surplombée d'un arbre gigantesque dont on pourra en admirer la prestance. Très rapidement, on se sent déjà projeté très loin, très profondément dans ce nouvel univers qui prend vie devant nos yeux ébahis. Il est impossible pour le joueur de patienter plus longtemps devant l'écran d'accueil et promptement, on choisit de commencer une nouvelle partie. L'histoire débute de la plus belle des manières, lorsqu'un esprit tout blanc, qui se prénomme Ori, se détache du grand Arbre et se retrouve seul. Mais sa solitude sera de courte durée puisqu'un autre personnage va adopter la petite créature et la prendre sous son aile. Cette créature, de forte corpulence et toute noire se prénomme Naru. Dès les premières minutes de jeu, on se sent déjà attiré à la fois par cette majestueuse forêt, mais aussi par les rapports entre les deux personnages. En quelques minutes, les développeurs ont réussi à nous faire aimer ces deux créatures, et toute cette séquence est sublimée par une musique en parfaite symbiose avec l'univers. Cependant, cette chaleureuse amitié ne durera malheureusement que très peu de temps, car un drame va se produire et la forêt va dépérir, laissant,  petit à petit, ses habitants mourir les uns après les autres. Dès le début du jeu, l'ambiance s'installe et le petit Ori va se retrouver une nouvelle fois seul, au milieu de cette nature morte, sans vie et habitée par des créatures menaçantes et dangereuses. C'est bel et bien comme ça que le titre de Moon commence, dans un univers ténébreux, mais avec tout de même une lueur d'espoir, celle d'un petit esprit tout blan qui, malgré sa ressemblance avec certain Pokemon, va tout faire pour rétablir l'équilibre dans la forêt.


Quand on découvre Ori and the Blind Forest pour la première fois, on ne peut s'empêcher de rester émerveiller par la patte artistique choisie par les développeurs. Soyons clairs, le titre de Thomas Mahler est une claque graphique à tout instant, c'est un véritable tour de force de la part de l'équipe. Jamais, une oeuvre en 2D n'aura proposé, avec tant de délicatesse, des paysages aussi détaillés que variés, dessinés avec beaucoup de soin et surtout avec beaucoup de passion. On peut tout de suite parler de l'ambiance sonore du titre qui se révèle assez incroyable. La bande son, composée par Gareth Coker, est tantôt mise en avant lors des moments clés du jeu, tantôt plus discrète pour décrire une ambiance précise lors des phases de jeu. Si les musiques collent parfaitement à l'ambiance globale du titre, elles se révèlent surtout d'une très grande qualité et il n'est pas rare de poser la manette pour en profiter pleinement. Si les inspirations artistiques sont claires dès le départ (Hayao Miyasaki), le choix des environnements ainsi que leur structure  nous rappelle également d'autres grands jeux, notamment ceux du studio Nintendo comme la légende de Zelda ou encore Metroid même si les références sont plus discrètes. Ainsi, à l'image de Link, vous allez parcourir un vaste monde qui vous emmènera dans une forêt aussi mystérieuse qu'onirique, un marécage inquiétant, des grottes où la pénombre règne en maître, ou encore un volcan qui est toujours en activité. Accompagné d'un petit esprit qui vous guidera à travers les différents environnements, votre but sera de ranimer des éléments tels que l'eau et de découvrir qui est à l'origine de ce mal qui a envahi la forêt. La nature est le point central du jeu, que ce soit dans les thèmes abordés ou dans le travail sur les environnements proposés. En effet, tous les paysages rencontrés sont organiques, pleins de vie, il y a du mouvement dans l'ensemble des tableaux que vous franchirez, c'est un aspect qui peut paraître négligeable, mais ce n'est pas le cas. On peut aussi saluer la variété des paysages qui se dressent devant nous, ainsi que le design des ennemis qui se renouvelle plus ou moins.  Ce soin apporté au décor apporte un sentiment vraiment particulier, puisque même dans la pénombre, la forêt garde malgré tout un charme particulier et ce charme peut-être transcendé par le retour des éléments endormis, on a envie de sauver cet univers, de lui rendre toute sa splendeur.  On est poussé tout au long du jeu par cet objectif, les créateurs n'ont pas seulement réussi à créer un monde cohérent, beau, fabuleux, ils ont fait en sorte que le joueur l'aime, qu'il se sente proche de celui-ci. Ce n'est pas tous les jours qu'un joueur aura l'opportunité de vivre une aventure dont il se sentira aussi impliqué et qu'il donnera toutes ses ressources personnelles pour venir à bout d'un ennemi dangereux pour rendre à ce monde ce qu'il mérite d'avoir.


Le périple sera long et douloureux pour venir à bout cette aventure. Le terme douloureux est adéquat, car si vous pensiez vivre une épopée sympathique et sans prise de tête, il faudra repasser. En effet, le titre de Moon se révèle être un jeu difficile jusqu’à devenir parfois punitif à cause de choix plutôt douteux sur le game design. Néanmoins, n'ayez aucune crainte, le gameplay dans sa globalité est la véritable surprise du jeu. Si les différents trailers ne laissaient aucun doute sur le soin apporté à l'univers et à l'ambiance, les craintes portaient plutôt sur le reste. Les joueurs étant de plus en plus méfiants sur les titres appelés curieusement et maladroitement "poétiques". Ce nonobstant, Moon a rapidement balayé tout ce scepticisme lorsque le jeu est sorti. En effet, s'il n'est pas parfait, le gameplay, sans être innovant, se retrouve être de très bonne facture. Les différents mouvements du personnage étant très bien calibrés, il est rapide pour le joueur de prendre en main la petite créature. D'ailleurs, cette dernière est plutôt dynamique, ce qui fluidifie toutes les actions que vous entreprendrez. Et surtout, ça nous amène à un point intéressant, c'est que le gameplay en lui-même est tout simplement gracieux, c'est plutôt intéressant pour le souligner puisque ça rend les mouvements de la créature très jolie à admirer, à regarder. Cela rappelle, dans un registre différent les jeux de Jenova Chen (Journey, Flower) ou l'on pouvait aussi saluer le travail des équipes de développement sur ce point. Les joueurs comprendront très rapidement que la petite créature se verra attribuer de nouveaux mouvements au fur et à mesure que l'on progresse dans l'aventure. A la manière d'un Metroid, c'est en réanimant différents esprits de la forêt prenant l'apparence d'arbre mort que l'on acquiert ces nouveaux pouvoirs. Les différents mouvements vous permettront d'accéder à des partie sde la carte inaccessible au premier abord. A cela s'ajoute également d'autres particularités, en tuant des ennemis, vous récupérerez des points d"expériences qui vous permettront de monter de niveau et ainsi apprendre de nouvelles capacités allant de l'augmentation de la résistance et celle de la puissance d'attaque. Vous avez également la possibilité d'utiliser de la magie, qui est plus dévastatrice que les attaques classiques, mais celle-ci nécessite des orbes d'énergies que vous trouverez dans les environnements. Il est important de noter que pour sauvegarder votre partie n'importe où, cela vous coûtera une orbe d'énergie, le concept est plutôt original mais, parfois handicapant, néanmoins vous aurez tout de même la possibilité de sauvegarder votre partie via des fontaines qui sont positionnées un peu partout sur la carte. Complet et réussi, le gameplay fait honneur à toute la partie artistique et même s'il ne réinvente pas la roue, il a au moins le mérite d'être cohérent et le level design se construit parfaitement en fonction de toutes les possibilités offertes par le jeu. Malheureusement, il y a tout de même un "mais". La difficulté du jeu est parfois mal dosée et se révèle punitive. Il est fréquent que les ennemis ou les pièges soient camouflés par les environnements et que le personnage finisse par mourir bêtement à cause de cette injustice. C'est d'autant plus rageant quand on a oublié de sauvegarder et que nous soyons obligés de recommencer plus loin dans le jeu. Il arrive aussi parfois que certains ennemis soient placés étrangement obligeant le joueur à perdre de l'énergie pour s'en approcher et l'affronter. Ces petits défauts viennent perturber tout le plaisir qu'on a de vivre cette aventure.


Jouer à Ori, c'est redécouvrir des émotions que l'on croyait perdu à jamais dans les entrailles de notre mémoire. Pendant quelques heures, la magie de Jouvence opère, on redevient un enfant, plein d'espoir, les yeux remplis d'étoiles et on s'émerveille devant le spectacle qu'on nous offre. Impossible de redescendre sur terre, notre imagination nous l'empêche de toute façon. Le monde qui nous entoure n'existe plus, les gens qui essayent de communiquer avec nous sont déjà très loin. Nous, on plonge dans un océan de magie ou seul les vagues rendent notre progression difficile mais qu'importe, car on ne veut pas abandonner, on veut continuer, on veut admirer, on veut rêver.

Ce qui nous pousse à l’acheter           Ce qui pourrait nous faire hésiter
- Une direction artistique splendide
- Un gameplay au top
- Une bande son magistral
- Un level design cohérent
- Inoubliable
 
- Difficulté punitive

3 commentaires :

  1. Si seulement j'avais un peu d'argent, ce jeu me donne tellement envie! Beau test :)
    Il y aura une video?

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    Réponses
    1. Oui, demain, elle sera présentée par Romain :)

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  2. La vidéo est en ligne ;) https://www.youtube.com/watch?v=yzfH5Q80bto

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